Opérations ramassage de déchets, tous les bons plans

Nettoyons la planète
Nettoyons la planète !

Les opérations ramassage de déchets ont décidément le vent en poupe. Samedi 21 septembre avait lieu le World Clean Up Day 2019. Dimanche, entre Paris et New York, peu avant l’assemblée générale de l’ONU, Emanuel Macron aurait confié : « On doit rentrer dans une forme d’action collective. Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages Corses. » Et de continuer le lendemain au siège de l’ONU en réponse aux inquiétudes de la jeunesse :  » Des actes, des actes, des actes.  »
Alors manifester ou ramasser ? Là n’est pas la question, les opérations de ramassage de déchets et les manifestations sont les deux faces d’une même pièce.

90 % de la faune marine a déjà ingéré du plastique

Les écovolontaires chevronnés le savent, les déchets sont un fléau. Sur les berges des rivières, sur les plages, sur et dans les océans, partout les détritus de notre société pullulent. Outre la pollution visuelle, l’impact des déchets abandonnés, notamment ceux en plastique, est particulièrement néfaste et délétère pour la biodiversité.
90 % de la faune marine a déjà ingéré du plastique. Les sacs, souvent confondus avec des méduses par les tortues marines, provoquent des dégâts comme des occlusions intestinales. Les oiseaux marins, lorsqu’ils piquent des déchets, se blessent lorsque les détritus sont tranchants.
Les micro-plastiques, résultant de la décomposition des sacs par l’action du soleil et du sel sont confondus avec le plancton et ingérés par certaines espèces de cétacés qui meurent étouffées.
Chaque année, plus de 8 millions de tonnes de déchets en plastique sont déversés dans les océans, soit 253 kilos de plastique par seconde (voir le compteur en cliquant), qui finissent en micro-particules ingérées par la faune marine.

Un continent de plastique

Qui n’a jamais entendu parler du 7e continent qui dérive dans le Pacifique Nord. Non, ce n’est pas l’Atlantide, mais 1800 milliards de déchets plastiques qui polluent les océans. Ce septième continent, trace immonde de notre civilisation, s’est formé au gré des courants marins formant entre l’archipel d’Hawaï et La Californie un vortex. Sa surface atteindrait 1,6 million de kM2 soit trois fois celle de la France.

Des mégots par milliards

Autre fléau parmi les tonnes de déchets jetés, les mégots ! Dans le monde, 4 300 milliards de mégots de cigarettes sont jetés dans les rues chaque année soit 137 000 mégots par seconde (voir le compteur ici). En moyenne, il faut 12 ans pour que ces mégots se dégradent complètement. Une vraie plaie pour l’environnement et les budgets municipaux. A Paris, on ramasse chaque année 315 tonnes de mégots chaque année !
Et ceux qui ne sont pas ramassés à temps finissent dans les océans et les intestins des animaux marins !
Il faut savoir qu’entre 60 et 80 % des débris marins sont d’origine terrestre ; Les 20 à 40 % restant provenant de l’industrie de la pêche essentiellement. Or, il est très difficiles de nettoyer les océans.

Des initiatives pour nettoyer les océans

Toutefois de belles initiatives existent pour nettoyer les mers et océans, des initiatives
prometteuses.
La première que j’évoquerai est appelée Ocean Clean Up dont l’objectif est de venir à bout du 7e continent. A l’origine de cette initiative, nous retrouvons Boyan Slat, un Néerlandais de 20 ans, qui compte construire un entonnoir géant dans le Pacifique  nettoyer les déchets. Plus d’1,5 million d’euros a déjà été collecté pour que son idée prenne forme. Je vous invite à suivre ses aventures ici . 
A ce titre The Océan Clean Up fait appel de temps en temps à des écovolontaires pour embarquer sur leur navire et aider, entre autres, à l’analyse des déchets collectés.

Plus près de chez nous, en France Julien Wosnitza a lancé le projet Wings of the Ocean. Destiné à une carrière dans la finance Julien Wosnitza à quitté le navire de la banque pour s’embarquer sur le Kraken, un bateau trois mâts destiné à nettoyer les océans. « L’objectif de l’association est de faire de la dépollution océanique et des recherches scientifiques en faisant participer les citoyens sous la forme de missions d’écovolontariat. » expliquait-il lors d’une interview accordée à Cap sur la Terre.
Si vous souhaitez embarquer sur le Kraken et participer à l’aventure, rendez-vous sur le site de l’association Wings of the Ocean. Sur le Kraken, les missions d’écovolontariat sont éligibles aux déductions fiscales.

Ramasser les déchets sur terre : comment s’y prendre ?

Comme les déchets qui polluent les océans ont été jetés sur terre, participer à des opérations de ramassage est très utile partout sur le territoire !
Il existe plusieurs organismes que vous pouvez rejoindre pour participer à une opération de ramassage.

Avec l’association Surfrider

Créée en 1990 par un groupe de surfeurs désireux de défendre leur terrain de jeu, Surfrider Europe a dans son ADN la mobilisation citoyenne en faveur de la protection de l’océan et du littoral.  Surfrider a eu l’idée de multiplier les ramassages de déchets en créant Initiative Océane. Les Initiatives Océanes sont des nettoyages de plages, de lacs, de rivières et fonds marins partout dans le monde. Ces collectes de déchets sont organisées par des bénévoles grâce à l’accompagnement de Surfrider Foundation Europe. Tout le monde peut participer aux collectes. Vous pouvez même être à l’initiative de la collecte en ville et/ou au bord de la mer. 
L’antenne parisienne de Surfrider Foundation Europe, quant à elle, est spécialisée dans le ramassage de mégots. Elle organise régulièrement des journées ramassage de mégots dans Paris. Pour exemple, le dimanche 2 octobre 2016, 25.000 mégots ont été collectés en une heure trente avec 80 bénévoles qui avaient répondus à l’appel.

Avec l’association Mountain Rider

Les membres de Mountain Riders, se définissent comme « une joyeuse bande de moutons libres, passionnés et engagés, domestiquée sous forme d’association d’éducation au développement durable, depuis 2001. » De collines en sommets, de stations de ski en cordées, Mountain Riders agit pour une montagne en transition ! Des Pyrénées au Jura, du Massif Central aux Alpes et jusque sur les pentes de Montmartre !
Il existe de nombreuses façons de s’engager auprès de Mountain Rider dont les collectes de déchets en montagne. Celles-ci sont organisées, chaque année, entre le mois de mai et septembre. Il faut savoir que chaque année, plus de 150 tonnes de déchets sont jetées en montagne. Sur l’ensemble de ces déchets (emballages plastiques, mégots, ferrailles), 40% des déchets sont recyclables : 64%  sont d’origine professionnelle (jalons de piste, câbles) et 36% d’origine touristique (mégots, cannettes, emballages plastiques).

Les plateformes internet spécialisées

Des plateformes recensent des opérations ramassage de déchets. C’est le cas de PP Plastic Pickup ou encore jagis pour la nature
Les « selfie déchets » ont également fait leur apparition : dans le cadre de l’opération #1déchetparjour, certains citoyens se prennent en photo avec des détritus collectés sur leur chemin pour encourager leurs pairs à faire de même.

J’organise mon opération ramassage de déchets

Chaque citoyen à la possibilité d’organiser sa journée de ramassage de déchets. Le plus important est de trouver un bon support de communication pour fédérer la maximum de personnes autour de votre projet. Cela peut-être un réseau social, mais également des affiches que vous distribuez chez les commerçants ou bien la presse locale. Informez votre mairie de votre projet, afin de bien définir la zone à nettoyer et surtout afin d’évacuer les déchets ramassés dans de bonnes conditions.
Des précautions de bases sont à prendre pour les journées de ramassage, comme le port de gants et de bonnes chaussures afin d’éviter les blessures liées aux objets tranchants comme les vitres ou les seringues.

Enfin une bonne opération ramassage sera toujours accompagnée par un discours destinée à sensibiliser le public sur les déchets. Le meilleur déchet étant celui qui ne sera jamais produit !

Laurence Dupont

A lire, le sac de Voyage zéro déchets

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