Le vautour, cet oiseau mytique

Mission sauvegarde des vautours en Croatie 2/4 : Les volontaires ne travaillent que le matin ou l’après-midi, par groupe, avec au choix, la cuisine, les visites guidées ou le « hard labour ».
 Là encore, de nombreuses choses sont à apprendre pour guider les touristes, pas très nombreux, dans un monde à part celui des vautours, cet oiseau de proie apparu il y a quelque 25 millions d’années. 
« Non !  le vautour n’est pas un animal si répugnant que ça » explique-t-on aux visiteurs, « C’est un charognard certes, mais il n’est pas sale, pour la bonne et simple raison qu’il nettoie… grâce à lui, les carcasses disparaissent très vite dans la nature.»…
« Mesdames et messieurs suivez-moi, remontons ensemble l’histoire de cet oiseau mythique ! S’il est victime d’une piteuse image aujourd’hui, ce ne fut pas toujours le cas. Il peuple l’imaginaire collectif depuis très  longtemps et est à l’origine de bien des légendes, dont certaines très surprenantes.

Grand voyageur

Oui ! regardez la photo de cette céramique datée du IVe siècle avant JC, qui montrerait qu’Ulysse n’aurait pas été attiré pas des sirènes mais bel et bien des vautours ! Chez les Egyptiens, le vautour était un animal totem. Au Tibet,  il faisait partie intégrante d’un rite funéraire où le corps d’un mort était démantelé avant d’être exposé à ces oiseaux, l’âme ainsi dégagée s’envolait… » 
Là, on me regarde parfois avec un air plus que dubitatif.  Mais j’insiste  : « Lisez le témoignage de cette Chinoise qui est partie à la recherche de son mari disparu au Tibet dans « Funérailles célestes »… vous comprendrez ». Et si le petit groupe n’est toujours pas convaincu de la grandeur du vautour, je sors la grande artillerie, lâche les derniers arguments, ceux qui touchent la corde sensible… « Savez-vous que cet oiseau est un animal fidèle en amour ? Grand voyageur de six mois à six ans, il revient vers sa région natale dès qu’il est en âge de procréer. Si beaucoup, lors de leur périple, périssent, ceux qui reviennent choisissent une compagne ou un compagnon, pour la vie… » Si c’est pas beau !

La visite se termine dans le jardin derrière la maison où d’immenses cages contiennent quelques spécimen. Ils n’ont pas été capturés pour montrer au public, mais sauvés des eaux de justesse. Deux d’entre eux, des jeunes, sont en quarantaine avant de rejoindre leurs congénères dans une volière, dernière étape avant d’être relâchés dans la nature. Seul un des oiseaux est amené à finir sa vie dans la cage, un vautour africain trouvé en Méditerranée, blessé aux ailes. Selon Franjo il appartenait sans doute à une cirque.
Suite du tour du monde d’une écovolontaire Les Vautours de Cres (3/4)

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