La saison des pluies à Utila au Honduras

Récit du tour du monde de l’écovolontariat : la maison au iguanes au Honduras 10

Il pleut encore et toujours, le ciel est couleur d’encre et la température a chuté. L’intendance, habits et draps de lit est de plus en plus difficile à assurer, rien ne sèche, et chaque déplacement en ville vous assure une belle douche.
Les iguanes ont pris leur quartier d’hiver. Diminution donc des travaux extérieurs au profit du nettoyage du dépôt et de l’atelier. Les visiteurs se font de plus en plus rares, nous n’en voyons aucun certains après-midi. Toute la station tourne au ralenti. Seule Rosalita (le perroquet) semble apprécier la relative fraîcheur apportée par la pluie. Dehors sur son arbre perchée elle tient un discours incompréhensible, imitant sans doute la voix des Utiliens qui parlent anglais.

Réparations de fortune
Je profite de ces journées pluvieuses pour examiner mes affaires et m’aperçois que j’en suis déjà au stade des réparations de fortune. Chaussures en piteux état recollées à trois reprises, sangle du petit sac à dos à recoudre, pantalon et T-shirt usés, les quatre mois de bénévolat commencent à sérieusement se faire sentir. L’idée d’acheter de nouvelles affaires m’effleure vaguement l’esprit, mais j’attendrai le dernier moment, voyager dix mois avec uniquement trois pantalons fait aussi partie du défi à relever pour l’Occidentale que je suis. On peut toujours réparer. Je garde encore en mémoire la réaction d’un bénévole slovène alors que j’étais sur l’île de Cres en Croatie, lorsque j’avais jeté un emballage en carton pour œufs, le jugeant en mauvais état. « On peut toujours tout nettoyer » m’avait-il asséné.

Cours d’espagnols

Humidité et court-circuit oblige, les pannes d’électricité se multiplient, nous laissant dans l’obscurité parfois plusieurs heures. Un phénomène fréquent auquel les Utiliens sont habitués. L’électricité n’est arrivée sur l’île qu’il y a trois ou quatre ans. La plupart des habitants, notamment les commerçants, sont équipés de groupes électrogènes. Nous avons aussi le nôtre que nous allumons pour deux ou trois heures, lorsque les coupures sont longues. Une certaine routine s’est installée. Loin d’être désagréable, elle laisse la place à de nouvelles amitiés (la langue dominante est à nouveau l’anglais), ou rencontres comme ces jeunes femmes chez qui je prends des cours d’espagnols depuis deux semaines, en prévision de mon voyage au Chili.

Je prends les leçons dans la cuisine et me tiens au courant des derniers épisodes de la grossesse de Carolina qui flippe de plus en plus à l’approche de la date de l’accouchement, c’est pour dans trois semaines. J’apprends aussi qu’elles apprécient beaucoup la saveur de la chair de l’iguane, notamment lorsqu’elle a mijoté plusieurs heures dans une marmite. Manifestement au Honduras, on mange l’iguane comme nous le poulet. Je leur explique qu’il est préférable de cuisiner l’hilander, dont la population est nombreuse, et ce dans toute l’Amérique centrale, au swamper vivant uniquement dans la mangrove d’Utila. Je ne sais pas si c’était de la provoc ou pas, mais Helena m’a fait comprendre avec un petit sourire que le goût du swamper était bien meilleur.

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