Astrid Clavé : « l’espèce humaine ne doit pas être placée au-dessus des autres »

Astrid  Clavé vétérinaire, maitre ès biologie et certifiée en zoo-anthropologie équine vient de sortir un livre sur la communication animale. Zoom sur la relation entre l’homme et l’animal au coeur du Kenya, dans une ferme qui propose également des séjours pour éco-volontaires.

Laurence Dupont  : Vous venez de sortir un livre » Les animaux sont ma famille, regard d’une vétérinaire sur la communication animale ». Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Astrid  Clavé : Dans ce livre, je raconte comment j’ai découvert la communication par l’intuition et la télépathie avec les animaux. J’explique à quel point cette discipline a changé ma vie, mon regard sur l’humanité et m’a portée sur un chemin spirituel et de développement personnel auquel  je ne m’attendais absolument pas, compte tenu de ma formation scientifique : je suis vétérinaire, maitre ès biologie et certifiée en zoo-anthropologie équine…
Je relate certaines de mes conversations avec des animaux domestiques ou sauvages. Ces dialogues sont souvent émouvants, philosophiques, inattendus ou drôles. J’y partage également mon expérience, mes conseils, ma vision de la vie et de nos liens avec la nature et le vivant.
Je souhaite faire comprendre au lecteur que le but ultime de la communication animale va bien au-delà de la simple interaction avec son animal domestique. Il s’agit de prendre conscience que l’on ne fait qu’un, que nous sommes tous reliés et que l’on doit évoluer tous ensemble, que les animaux sont des êtres conscients et sensibles qui méritent le respect. Et également que la communication psychique avec les animaux ne fonctionne que si l’on y met du cœur, de l’intention, de la foi et de l’humilité.
Ce mode de communication n’est pas incompatible avec un esprit scientifique, bien au contraire : en effet, nous sommes de plus en plus nombreux parmi les vétérinaires, biologistes, physiciens et autres à nous rallier à cette vision plus spirituelle de la vie, tout simplement parce qu’elle est plus en accord avec notre essence profonde et nous permet de nous éloigner de certains aspects néfastes de notre société.

> Vous considérez-vous comme antispeciste ?
Oui, je pense en effet que toutes les espèces ont droit à notre considération, à notre respect et à notre empathie, que l’espèce humaine ne doit pas être placée au-dessus des autres et qu’il est injuste et arbitraire de décider que certaines espèces peuvent être maltraitées et d’autres pas, ou que certaines ont plus de droits que d’autres. La communication animale porte naturellement à cette approche, tout comme la zooanthropologie, qui est ma deuxième passion. En effet, cela permet de prendre encore plus conscience des abus perpétrés sur les animaux, considérés comme des objets, utilisés et exploités, que ce soit dans les élevages, les industries alimentaires, les activités sportives ou les laboratoires de recherche. La communication animale porte au respect pour toute vie, même la plus insignifiante en apparence, comme celle de certains insectes. Cela m’a mené par ailleurs à adopter un régime alimentaire végétarien plus drastique, voire à me diriger vers le véganisme…
> Les bénéfices tirés du livre seront versés à l’association Pour les animaux du Kenya. Quel est le projet de cette association ?
Cette association a pour but de récolter des fonds destinés à aider et protéger les animaux domestiques et sauvages au Kenya, notamment ceux présents à Muringa Farm, dans la vallée de Subukia, où je réside. L’association peut parrainer des animaux sauvages orphelins (éléphants par exemple), sensibiliser par divers moyens la population à la protection animale et à la conservation de la vie sauvage, organiser des manifestations, ateliers, séminaires sur les thèmes de la nature et des animaux (notamment communication animale, zooanthropologie et développement personnel avec les chevaux), subvenir aux besoins des animaux domestiques et sauvages de Muringa Farm (soins vétérinaires, nourriture, gardiens), fabriquer des harnais pour les ânes ou accomplir toute autre action favorisant le bien-être et la qualité de vie des animaux du Kenya (lutte anti-braconnage, travaux de recherche, publication de livres ou fascicules).

> Wild Routes of Kenya, créé il y a de nombreuses années, c’est un peu l’histoire de votre vie. Qu’est-ce qui vous a poussée à partir en Afrique pour vous consacrer aux animaux ?
J’ai toujours été passionnée par les animaux qu’ils soient sauvages ou domestiques, et par l’Afrique où mes grands-parents et parents ont vécu pendant de nombreuses années (côté Afrique de l’Ouest). Je me suis occupée d’un orphelinat de gorilles et de chimpanzés au Gabon en tant que vétérinaire, avant de décider de m’installer au Kenya avec mon mari Erick en 2008. C’est un véritable choix de vie, un idéal, une passion. J’avais visité de nombreuses fois le Kenya auparavant et ce pays m’avait à chaque fois fasciné. Nous y avons créé notre propre entreprise avec l’aide de nos parents restés en France. Pas une fois nous n’avons regretté ce choix malgré les grandes difficultés auxquelles nous avons eu à faire face. Nous sommes profondément attachés à ce pays et à ses habitants, animaux et humains.

> Vous menez également une activité  touristique avec Wild Routes of Kenya. Quels types de séjours proposez-vous ? Accueillez-vous des écovolontaires ?
Nous proposons des séjours de tourisme responsable, éco-tourisme,  safaris et éco-volontariat autour de nos deux éco-camps de Subukia et du Maasai Mara. Les séjours sont personnalisés et nous mettons le plus possible l’accent sur l’aspect authentique des activités proposées, le contact avec la nature, les animaux et la population locale.
Nous recevons de nombreux éco-volontaires pour des séjours de durée variable. Ils aident aux travaux de la ferme et participent à des activités variées : recensement et observation des singes, identification des oiseaux, aide aux enfants défavorisés, étude des plantes médicinales, rencontres avec la population, activités avec les chevaux, fabrication de harnais pour les ânes, sensibilisation de la population à la protection de l’environnement, trekking, maintenance, jardinage, cours de cuisine, swahili, conservation…Nous leur donnons aussi la possibilité d’aller en safari à la découverte de la faune sauvage africaine à tarif préférentiel.
Nous essayons de transmettre à nos visiteurs certaines valeurs. En effet, notre ferme a reçu le label « Learning Animals » de l’Institut International de Zoo-anthropologie pour les activités proposées avec les animaux. Cela signifie que nos animaux sont respectés et libres de s’exprimer, qu’ils ne sont pas utilisés à des fins de production ou de travail, qu’ils sont reconnus comme des êtres conscients et sensibles, dotés de capacités sociocognitives qu’il convient de préserver, ou de récupérer si elles ont été compromises.
Je propose également des ateliers de communication animale et de développement personnel avec les chevaux, approche zooanthropologique, suivis de safaris dans notre camp du Maasai Mara.

> Où peut -on acheter votre livre ?
Sur le site d’Edilivre :
Et dans très peu de temps aussi sur Amazon.com, Chapitre.com, Fnac.com et dans de nombreuses librairies en France, Belgique et Suisse.

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