En bref : une mission d’écovolontariat éthique sert la biodiversité, l’équipe du projet et propose une belle experience aux écovolontaires. Toutefois, par belle experience il faut entendre un voyage où vous apprenez, êtes utile et vivez en harmonie avec la nature. En aucun cas il faut partir pour toucher des animaux où consommer de la nature comme nous le voyons trop souvent. Il ne faut pas non plus partir comme si vous allez avoir une service 4 étoiles !
Ces précisions étant faites, voici les drapeaux rouges à repérer, sur le terrain comme dans le discours d’une structure, et les signes qui distinguent un projet sérieux.
Un projet éthique, c’est quoi ?
Un projet de conservation éthique a un objectif clair : protéger ou restaurer une espèce, un milieu, un écosystème. Les écovolontaires viennent l’aider dans ce travail. Dans le cadre des séjours en écovolontariat, qui est une forme de tourisme régénératif, votre aide se concrétise sur deux volets : l’action et la redistribution financière.
Concrètement, un projet éthique :
- Place le bien-être des animaux et des milieux avant tout, y compris avant le confort ou les envies des volontaires ;
- Vise un résultat mesurable : animaux relâchés, hectares replantés, données transmises aux scientifiques, plages protégées…
- Travaille avec les habitants et les autorités locales, et non à côté d’eux ;
- Est transparent sur ses activités, son financement et l’utilisation de votre contribution.
On ne part pas pour toucher des animaux
C’est la règle la plus importante, et la plus souvent oubliée. Un animal sauvage n’est pas un animal de compagnie. Le caresser, le porter, le prendre en photo ne l’aide en rien. Même si, parfois, vous allez lui donner un biberon et le prendre dans vos bras, sachez que ceci est toujours fait dans un context très particulier, lié généralement aux soins à prodiguer.
Dans la plupart des cas, le contact avec l’humain :
- Compromet sa remise en liberté : un animal habitué à l’homme ne le craint plus, ce qui le met en danger une fois relâché, et peut aussi exposer les populations locales ;
- Lui cause du stress, même s’il ne le montre pas toujours ;
- Transmet des maladies dans les deux sens, de l’homme à l’animal et de l’animal à l’homme ;
- Entretient un commerce : là où les touristes paient pour câliner des bébés, il faut sans cesse de nouveaux bébés. C’est par exemple le cas de certains élevages de lionceaux, liés à la chasse en enclos.
Dans un centre de soins sérieux, le contact est réduit au strict nécessaire, et il est souvent assuré par des soigneurs formés. En tant que volontaire, vous préparerez plus souvent la nourriture, nettoierez les enclos ou observerez les animaux à distance. C’est moins spectaculaire, mais c’est ce qui leur donne une chance de retourner dans la nature. Bien sûr tous les animaux ne sont pas relâchés dans la nature car parfois leur santé leur en empâche.
Les drapeaux rouges sur le terrain
Si vous observez l’une de ces situations, avant ou pendant votre mission, posez des questions.
Avec les animaux
- Des photos ou selfies de volontaires avec des animaux sauvages dans les bras.
- Des promenades avec des fauves, des balades à dos d’éléphant ou des bains avec des éléphants.
- Des animaux qui font des démonstrations, des tours ou des spectacles.
- Des animaux enchaînés, gardés dans des cages trop petites ou sans enrichissement.
- Une reproduction en captivité sans programme de réintroduction reconnu.
- Des bébés animaux toujours disponibles, quelle que soit la saison.
- La nage avec des dauphins ou d’autres animaux marins en captivité.
- Le nourrissage d’animaux sauvages pour les attirer devant les touristes.
Sur les missions tortues marines
- Des volontaires qui manipulent des œufs ou des bébés tortues sans nécessité.
- Des bébés tortues gardés en bassin pour être montrés, ou relâchés en plein jour pour la photo.
- L’usage de lampes blanches ou de flashs sur les plages de ponte la nuit.
Dans l’organisation du projet
- Des volontaires sans formation qui réalisent des soins vétérinaires ou des tâches réservées à des professionnels.
- Aucune équipe locale, ou des habitants cantonnés aux tâches subalternes.
- Des volontaires qui prennent la place d’emplois locaux.
- Personne ne sait vous dire ce que deviennent les animaux, ni à quoi servent les données collectées.
Les projet de reforestation et de régénération des sols
- Plantation d’une seule espèce, ou d’espèces exotiques (eucalyptus, teck, pin), au lieu d’essences locales variées.
- Arbres plantés là où il n’y avait pas de forêt à l’origine : savanes, prairies, tourbières. On détruit alors un écosystème au lieu d’en restaurer un.
- Aucun suivi après la plantation : personne ne sait combien de plants ont survécu.
- Il une règle importante dans le vivant : c’est la diversité des plants qui va créer des écosystèmes robustes et des sols riches.
Les drapeaux rouges dans le discours
Certaines promesses, sur un site internet ou dans un échange avec la structure, méritent qu’on s’y arrête.
- « Vous pourrez caresser / nourrir au biberon / promener les animaux. » Le contact est présenté comme un argument de vente : c’est le signal d’alerte numéro un.
- « Les animaux sont habitués à l’homme, ils adorent les volontaires. » Un animal destiné à être relâché ne doit justement pas s’habituer à l’homme.
- « Les animaux sont tous des orphelins sauvés des braconniers. » C’est parfois vrai, mais demandez d’où ils viennent, combien arrivent chaque année et combien repartent.
- « Nous les relâcherons quand ils seront plus grands. » Demandez combien d’animaux ont déjà été relâchés, où, et avec quel suivi.
- « Observation garantie ! » Dans la nature, rien n’est garanti. Cette promesse cache souvent des animaux appâtés ou captifs.
Les signes d’un projet éthique
À l’inverse, voici ce qui doit vous rassurer.
- Une politique de contact limité avec les animaux, expliquée clairement avant votre arrivée.
- Un objectif de remise en liberté pour les animaux recueillis, avec des chiffres et un suivi, quand c’est possible.
- Des partenariats avec des universités, des chercheurs, des parcs nationaux ou les autorités locales.
- Une équipe locale impliquée, à tous les niveaux du projet.
- Une description honnête des tâches, y compris les moins glamour : nettoyer, porter, saisir des données, recommencer.
- Un briefing et un code de conduite à votre arrivée.
- De la transparence sur l’argent : le projet vous explique ce que couvre votre contribution.
- Des résultats publiés : rapports d’activité, données partagées, publications scientifiques.
Le prix ne dit rien de l’éthique d’une mission
C’est une idée reçue tenace : une mission chère serait forcément une arnaque ou au contraire un gage de qualité. C’est ni l’un ni l’autre. Le prix d’une mission dépend de plusieurs choses :
- Ce que coûte réellement l’accueil : hébergement, repas, encadrement, transport sur place, coût de la vie dans le pays, salaire de l’équipe locale, équipements…
- Le nombre d’intermédiaires entre vous et le projet. Chaque agence ajoute ses frais, et lorsqu’une agence passe par une autre agence, les coûts s’additionnent.
- Certaines structures bénéficient de subventions.
Une même mission, sur le même site, peut donc coûter des prix très différents selon la façon dont vous la réservez. L’éthique du projet, elle, reste la même. Un projet très bon marché peut être excellent, et un projet coûteux peut l’être tout autant. Le prix ne remplace jamais les bonnes questions : que fait le projet, comment traite-t-il les animaux, et que couvre exactement votre contribution ?
Les questions pour vérifier l’éthique d’un projet
- Quel est l’objectif de conservation du projet, et quels résultats a-t-il obtenus ces dernières années ?
- Quelle est votre politique de contact avec les animaux ?
- D’où viennent les animaux, et combien sont relâchés chaque année ?
- Avec quels scientifiques, universités ou autorités travaillez-vous ?
- Quelles seront mes tâches au quotidien ?
- Combien de volontaires accueillez-vous en même temps ?
- Qui encadre les volontaires sur place ?
- Que couvre exactement ma contribution ?
- Puis-je échanger avec d’anciens volontaires ?
Un projet sérieux répond volontiers à ces questions, même s’il met parfois du temps à le faire : ses équipes sont souvent sur le terrain.
Eco-volontaire sélectionne les projets
Depuis 2009, Eco-volontaire sélectionne les projets de terrain et les agences présents sur la plateforme pour leur engagement réel en faveur de la biodiversité. Nous examinons ce que fait chaque structure, comment elle traite les animaux et les milieux, et comment elle travaille avec les équipes locales.
Cette sélection ne remplace pas votre vigilance : les questions ci-dessus restent utiles avant chaque départ. Et si, sur place, quelque chose vous semble contraire à l’éthique, dites-le-nous. Vos retours nous aident à faire évoluer notre sélection.
Enfin, la mise en relation est gratuite et sans commission : le prix affiché est celui de la structure, sans supplément.