Témoignage d’une sortie scientifique avec Créa Mont-Blanc

Marie Claire partage son  expérience avec Créa Mont-Blanc en tant que volontaire

« Le CREA Mont-Blanc donne l’opportunité à des non-scientifiques de partager le quotidien des chercheurs à l’occasion de ses missions de volontariat, moyennant le versement d’un « don mission » déductible fiscalement. L’occasion d’investir dans un projet qui a du sens.
Etreindre un mélèze (pour en calculer la circonférence !), je n’aurais jamais imaginé le faire un jour. Récolter des crottes, mesurer la hauteur d’un buisson de myrtilles, m’inquiéter de l’avenir d’un têtard…
Curieuse de la nature – en particulier de la montagne, théâtre de mes plus belles randonnées – admirative du travail des scientifiques qui cherchent à comprendre comment la faune et la flore vont réussir (ou pas) à s’adapter au changement climatique, j’ai participé à une mission de Recherche au Mont-Blanc organisée par le Centre de Recherches sur les Écosystèmes d’Altitude « CREA Mont-Blanc » en juin 2016.
Dans les pas de Joseph Vallot

Chamonix : déjà tout un programme ! Nous sommes quatre volontaires pour cette première édition des missions, accueillis à l’Observatoire de Joseph Vallot. Nous apprenons que le site a pu conserver sa vocation de servir la science, grâce notamment à l’action du CREA pour sauver ce laboratoire historique.
Nous y rencontrons des chercheurs expérimentés, d’autres en début de carrière. Anne Delestrade dirige l’équipe, qui compte aussi quelques « services civiques ». Cette spécialiste des oiseaux alpins connaît tout du chocard à bec jaune. Elle nous explique comment elle les bague, pour suivre les étapes de leur vie et tenir une comptabilité de l’espèce.
Au cours de la semaine, nous aurons la chance de côtoyer Marjorie Bison (docteure en écologie sur le régime alimentaire des grands herbivores), Marie Pachoud (chargée de développer le programme Phénoclim), Cédric Dentant (botaniste du Parc national des Ecrins)…
Pour l’heure, ce sont les accompagnatrices en montagne Irène Alvarez et Sandrine Goulmy qui nous « mettent en jambes », direction l’Aiguillette des Posettes. Pour tester notre niveau 3 de marche ? Il me semble que nous ne déméritons pas ! Si nous nous arrêtons souvent, c’est que nous voulons tout savoir : comment s’appelle une forêt d’épicéas et pourquoi ceux-ci débourrent plus tard que les autres.

Nous quittons la vallée pour les alpages de Loriaz. Le paysage est grandiose : le glacier du Tour, la Verte… Nous avons à compter le nombre d’oisillons dans les nids de mésanges noires… observer comment leurs plumes commencent à apparaître alors qu’ils n’ont que trois jours… apprendre qu’à quinze, ils seront prêts à s’envoler.
Les grenouilles rousses ont choisi de pondre dans des mares aux contours irréguliers. Il faut les dessiner, en mesurer la profondeur en différents points, repérer les grappes d’œufs et déterminer l’âge des têtards. Pourvu que les nappes d’eau ne s’assèchent pas trop vite, le cycle est encore long pour les amphibiens.
Nous retrouvons les botanistes en train d’effectuer des relevés pour le dispositif ORCHAMP. Les parcelles sont très précisément identifiées, à l’aide de la technologie GPS. La gentiane, l’anémone, l’arnica, la benoîte, la bruyère… elles sont toutes là. Et nous autour, à quatre pattes.
Une bonne nuit au refuge, avant de découvrir d’autres protocoles : Suivi d’abondance des oiseaux alpins, installation de pièges à micromammifères/rongeurs au ras du sol, et en hauteur, fixation d’un sonomètre destiné à enregistrer le lagopède.
Pour notre dernière journée, nous emprunterons le train à crémaillère du Montenvers, afin de mesurer les parcelles les plus pures possibles de rhododendrons, genévriers, myrtilliers et airelles, sur les pentes – raides ! – voisines de la Mer de Glace (protocole Lidar).
Ce séjour a changé mon regard sur la montagne : désormais, le Mont-Blanc n’est plus le seul à capter mon attention. Inoubliable ! »

Marie-Claire Dufrêne

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