Tour du monde d’une éco-volontaire : le village des tortues à Gonfaron (7/7)

Elle pourrait disparaître, d’ici à 50 ans
Au sein du groupe, de petites tensions apparaissent. L’une des nouvelles bénévoles, arrivée la veille, semble avoir du mal à s’intégrer. C’est la première fois depuis le début du séjour. Jusqu’à présent, les différentes équipes ont toujours bien fonctionné.
Mais la nouvelle manifestement, elle broie du noir. Elle veut encore changer de chambre. Si au début les commentaires restaient discrets à son égard, petit à petit les langues se délient. « Elle ne se désinfecte pas les pieds avant d’entrer les enclos ! »… « À la caisse c’est une catastrophe ! ».
J’avoue ne pas trop me mêler de la conversation car je suis à deux jours du départ. Je lève le pied et laisse la place aux nouveaux, comme si j’allais prendre ma retraite. D’ailleurs nous sommes quatre à prendre congés ce week-end. Pour l’occasion, l’assistante de la responsable scientifique, nous amène – les anciens – sur terrain voir des tortues en liberté. Nous partons tôt le matin arpenter le maquis et observer madame hermann gambader, mais madame ne fera pas l’honneur de se présenter à nous… Elle est sauvage, et en cette période de forte chaleur, le mistral soufflant, elle préfère sans doute se cacher. Même les cistudes ne montreront pas le bout de leur nez, à moins que Margie, la chienne labrador, ne les ait fait fuir en sautant dans l’eau boueuse. Nous sommes un peu déçus, mais c’est comme ça, la nature n’est pas un parc d’attractions…
Cette promenade nous est bien agréable, nous en profitons pour approfondir nos connaissances sur les tortues et prenons conscience du dur combat mené par les permanents du village. Selon l’un des grands spécialistes de la tortue d’hermann, d’ici cinquante ans, elle pourrait disparaître… à cause de l’homme.

Revenons au village, la journée est loin d’être terminée. Incontestablement, la tension est montée d’un cran. « Il y a des choses bizarres ici » ne cesse de répéter la nouvelle venue. Nous pouffons de rire, jusqu’à ce qu’elle fasse une véritable obsession avec les clefs des chambres et des enclos. Chaque heure passant, un bénévole rapporte un nouvel épisode « Caro ». Vers 18 heures, le dernier en date est relaté :
« Elle m’a dit tu me parles, mais en fait c’est pas toi qui parles ! »
Nous finissons par appeler la gendarmerie, puis le Samu pour qu’ils nous sortent de cette impasse.
Le moment des adieux est arrivée. Un peu abasourdie après cette folle nuit, je fais le tour du village pour contempler une dernière fois les tortues. Les cistudes, les sulcata d’Afrique, la radiata de Madagascar, les bébés et enfin Mme hermann… Elles sont là, calmes, placides, solides. Avec leur regard bienveillant d’une vieille grand-mère, elles incarnent la stabilité. Cela fait 230 millions d’années que les tortues vivent sur Terre. Elles sont apparues bien avant les dinosaures, ont résisté à l’astéroïde qui a ravagé la planète il y a 65 millions d’années, traversé les périodes de glaciation et assisté à l’apparition de son principal prédateur aujourd’hui… l’homme.

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Une réponse à Tour du monde d’une éco-volontaire : le village des tortues à Gonfaron (7/7)

  1. delegue dit :

    contente d’etre recaler 59ans l’ambiance pas top top pauvres tortues

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