Moorea : visitez la clinique des tortues marines

Clinique tortue moorea
Han, bénévole à la clinique des tortues.

Te mana o te moana. L’esprit de l’océan en langue polynésienne. Cette association, créée en 2004 par Cécile Gaspar, vétérinaire, s’est donnée pour objectif de protéger le monde marin de Polynésie, et en particulier les tortues marines. Dans la clinique des tortues, installée à Moorea, plusieurs centaines tortues de mer ont déjà été sauvées. Cette clinique est ouverte au public. Tous les jours à 10 heures, vous pouvez vous y rendre et suivre gracieusement une visite guidée.

Les tortues marines de Polynésie française

En Polynésie, la tortue, appelée honu en langue Maohi, peuple l’océan, mais également l’imaginaire. Symbole de longévité, de force et de sagesse, la tortue est celle qui circule librement entre la terre et l’océan. Elle symbolise un pont vers l’au-delà et faciliterai le passage des âmes vers le repos.
Les ancêtres des tortues marines sont apparues il y a plus de 200 millions d’années. Aujourd’hui, sur les sept espèces de tortues de marines qui existent, vous pouvez en croiser cinq dans les eaux polynésiennes, à savoir : la tortue verte, la tortue imbriquée, la tortue luth, la tortue olivâtre et la tortue caouanne.
Les deux principales espèces que vous observerez plus facilement sont la tortue imbriquée et la tortue verte. Cette dernière pond régulièrement dans les eaux du fenua, notamment dans les atolls situés à l’ouest comme Scilly, Mopelia, Belligheusen ainsi que Tetiaroa. La tortue imbriquée, quant à elle, ne pond que très rarement dans les eaux polynésiennes. Il possible cependant d’observer des sub adultes sur les tombants des récifs coralliens.

tortue marin moorea
La Polynésie est un lieu de ponte pour les tortues vertes.

Une espèce menacée d’extinction

A l’instar de leurs soeurs des océans du monde, les tortues du Pacifique Sud sont en danger d’extinction. Même si depuis 1971, celles évoluant dans les eaux polynésiennes sont protégées par la loi au niveau local, leur population diminue.
Les sacs en plastique, le braconnage, la pollution, mais également les bateaux à moteur et les Jet Ski qui les blessent à la suite de collision, sont autant de fléaux qui contribuent à fragiliser leur population. Afin de mieux préserver les tortues, Te mana o te moana a pour objectif de créer un réseau de citoyens, formés aux sciences participatives, dont le but est de collecter des données sur les tortues marines dans les eaux de Tahiti et ses îles. Le territoire maritime de la Polynésie est si grand, qu’il est difficile d’avoir des données précises sur la population de tortues marines.

La clinique des tortues de Moorea

clinique des tortues moorea
La clinique des tortues se trouve dans la lagune de l’hôtel Intercontinental.

La clinique des tortues a pris place au sein de la chaîne d’hôtels Intercontinental Resort and Spa qui a mis à disposition de l’association Te mana o te moana une partie de sa lagune. Dans cette lagune, divisée en plusieurs parties en fonction des besoins de la clinique, chaque tortue a un nom ! Et la doyenne aurait près de 75 ans !
La mission de Te mana o te moana est de recueillir les tortues malades, blessées, ou saisies par les autorités. L’alerte est souvent donnée par la population ou bien les plongeurs qui remarquent une tortue en détresse sur une plage ou dans le lagon. En fonction de son état, la tortue est transférée à la clinique.
Depuis sa création, plus de 500 tortues ont été récupérées puis soignées avant d’être relâchées lorsque cela est possible. Le processus de réhabilitation est long. « Toutes les tortues ne peuvent pas être relâchées », souligne Rachel qui travaille depuis quelques mois à la clinique. Dans un premier temps, la tortue est prise en charge par des soigneurs ou la vétérinaire pour établir un diagnostic. Puis, selon de celui-ci, des soins sont administrés. La clinique dispose de deux grands bassins naturels. Dans le premier, résident les tortues qui ne peuvent pas regagner le large et celles qui ont besoin de soins. Dans le second, celles qui sont en passe de retrouver leur liberté. Les tortues relâchées étaient jusqu’à présent baguées afin d’assurer leur suivi. « Aujourd’hui nous procédons par photo identification, explique Rachel, car les baguer est un acte qui blesse la tortue. » Aussi, tout plongeur qui croise une tortue est invité, si c’est possible, à photographier la tête de l’animal avant de l’envoyer à la clinique des tortues, en précisant bien sa localisation. Depuis 2004, plus de 234 tortues ont été relâchées. En moyenne, sur 100 tortues blessées et récupérées, 50 retrouveront leur milieu naturel.

Collecte de déchets, crabes des cocotiers, récifs coralliens…

En plus des soins donnés aux tortues à la clinique de Moorea, Te mana o te moana mène de nombreuses actions. Depuis le début, l’association est autorisée à mener des observations sur l’atoll de Tetiaroa qui est un site de ponte pour les tortues vertes. Depuis 2004, près de 4 000 traces de tortues ont été inventoriées et le nombre d’oeufs pondus a été estimé à plus de 120 000. De 2004 à 2013, l’atoll de Tetiaroa n’était pas habité. En 2014, l’hôtel de luxe The Brando a été créé sur le motu Onetahi. L’architecte a pris soin de construire les villas en arrière de la plage afin de ne pas déranger les sites de ponte.
Plus récemment, sur ce même atoll, un inventaire de la population des crabes de cocotier a été réalisé.
Régulièrement, l’association propose des campagne de nettoyage. Plus de dix tonnes de déchets ont été ainsi ramassés en 15 ans.
Depuis 2015, Te mana o te moana est en charge du programme Reef Check France, ce programme international qui vise à protéger les récifs coralliens. L’objectif est de former des eco-diver destinés à collecter des données sur le corail, cet écosystème aussi riche que fragile, gravement menacé par le réchauffement des océans.
L’association forme également les Sentinelles de l’océan ; à savoir des jeunes et des adultes référents, capables de participer à la collecte de tortues marines, de mammifères marins et de données sur les récifs coralliens.
Enfin, depuis sa création, l’association mène d’importantes actions éducatives. Depuis 2004, près de 90 000 enfants ont été accueillis et sensibilisés à la protection du milieu marin.

Que faire si vous croisez une tortue marine en Polynésie ?

tortue imbriquée
Un tortue imbriquée.
  • Ne pas la toucher et prendre des photos si possible.
  • Contacter la direction de l’environnement ou la clinique des tortues de Moorea (715.344 ou 56 40 11)
  • Remplir une fiche d’observation téléchargeable sur www.temanaotemoana.org
  • Réduire votre vitesse si vous êtes en bateau, n’essayez pas de l’attraper.

Bénévole à l’association Te mana o te moana ?

clinique des tortues marines
Han, bénévole à la clinique des tortues.

Pour prétendre être bénévole au sein de l’association, il faut résider sur le territoire de la Polynésie française depuis au moins six mois. La clinique des tortues de Moorea travaille avec des bénévoles qui viennent régulièrement aider une journée.
Des stages pour les étudiants (futurs biologistes ou vétérinaires) sont possibles, mais l’association n’est pas toujours en mesure d’en accueillir.

Comment visiter la clinique ?

Tous les jours, une visite guidée gratuite est organisée par l’association. Pour trouver la clinique allez à l’Intercontinental Beach and Resort de Moorea. Un fois sur place demandez la clinique des tortues.

> Vous pouvez faire des dons à l’association Te mana o te moana ici
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