Costa Rica : la pura vida de Quepos à Uvita

Voyage Costa Rica

Vous avez dit Costa Rica ? Ou plutôt Pura Vida, ce qui signifie Vie Pure. C’est comme ça que les costaricains se présentent au monde, comme les gardiens d’une bonne humeur tranquille et simple, dans l’abondance d’un pays où il est encore possible de flâner dans un semblant de nature sauvage. Donc, lorsqu’on vous demande : « Cómo estás ? » Vous pouvez répondre : « Pura Vida ! »
Pura Vida est devenu le slogan national adressé aux voyageurs venus décompresser des capitales du monde dans une jungle luxuriante peuplée d’animaux sauvages.
En plus d’être l’une des premières démocraties d’Amérique Centrale, le Costa Rica encourage la protection de la biodiversité et le développement du tourisme vert de longue date. Son gouvernement a inscrit dans sa Constitution le droit à un environnement sain et écologiquement équilibré. En 2007, le président a lancé le programme Paix avec la nature, dont l’objectif était le zéro carbone en 2021 ; échéance qui a cependant été repoussée à 2050 en février 2019.
Démocratie verte entourée de pays longtemps en proie aux dictatures militaires, le Costa Rica apparaît comme un petit paradis.
Il est l’endroit du monde avec la plus grande biodiversité au kilomètre carré. Son territoire compte plus de 500 000 espèces. Cela représente environ 5% de la biodiversité mondiale.

Bien sûr, ce paradis vert connait son lot de déboires avec la pollution émise par sa capitale San Jose. Il n’échappe pas non plus à la drastique diminution des espèces animales. De plus, la croissance exponentielle du tourisme écologique a son revers. Dans certains parcs, la simple apparition d’un paresseux attire une foule bruyante armée de smartphones et d’appareils photos.

Il n’empêche que si vous partez au Costa Rica, il est encore possible de profiter d’une nature luxuriante tout en observant des animaux sauvages comme les tortues, les singes et les paresseux.
Dans ces carnets de voyage au Costa Rica, je vous guide, après dix jours de mission d’écovolontariat auprès des tortues, sur la côte Pacifique, de Quepos à Uvita.

Où observer des animaux sauvages ?

Sur la côte ouest du Costa Rica, entre Quepos et Uvita, il existe plusieurs endroits où observer des animaux sauvages, tout en évoluant dans des paysages splendides.

Le parc Manuel Antonio

Un paresseux
Un paresseux au parc Manuel Antonio.

Le parc Manuel Antonio est l’un des plus petits parcs naturels du Costa Rica. Très riche en biodiversité, il est situé à 157 kilomètres de San José, dans la province de Puntarenas, à 7 kilomètres de la ville de Quepos. Il abrite une forêt primaire, secondaire, une mangrove, une végétation de plage ainsi que des îles et une baie de 14 hectares. Vous pouvez y croiser des singes capucins, des iguanes, des paresseux, des amphibiens, une quantité extraordinaire d’insectes et mêmes des félins. Ces derniers fuient cependant la foule et il est quasiment impossible de les observer.
Le parc Manuel Antonio est très facile d’accès et est libre d’accès pour les Costaricains qui y viennent en famille pour sa belle plage de sable blanc le week-end.
Aménagé en passerelles sur une partie du parcours, il a l’avantage de pouvoir accueillir des personnes à mobilité réduite.
Sa fréquentation peut cependant être très importante ! Ce qui fait fuir les animaux sauvages et provoque des phénomènes de masse liés au succès du tourisme écologique. Dit autrement, c’est le rush et la bousculade dès qu’un animal emblématique pointe son nez.

Je vous encourage donc à prendre les petites chemins, notamment celui menant au mirador, qui sont nettement moins fréquentés et vous permettent d’évoluer dans la jungle en toute sérénité et d’observer des animaux plus facilement.

A l’entrée du parc, vous avez la possibilité de faire appel aux services d’un guide. Cette option est loin d’être obligatoire, mais elle vous permet de voir plus d’animaux et d’en savoir plus sur leur mode de vie.

Comment se rendre au parc San Manuel Antonio ?
En transport en commun, vous allez à la gare routière de Quepos. De là, des bus partent toutes les vingt minutes environ en direction du parc. Vous avez également la possibilité de loger au village Manuel Antonio.

La réserve Hacienda Barú

petit crocodile
Un petit crocodile au parc Hacienda Barù.

La réserve Hacienda Barú se trouve à quelques kilomètres au nord d’Uvita. Sur plus de 300 hectares, elle abrite une forêt tropicale humide ainsi qu’une mangrove. De la plage en passant par les berges des rivières, différents écosystèmes abritent une biodiversité très riche. Plus de 365 espèces d’oiseaux y ont été observés. Vous pouvez également y croiser des paresseux, des singes capucins, ainsi que différentes espèces de reptiles dont des caïmans.
Hacienda Barù est une zone qui, alors que la déforestation faisait rage au début du 20e siècle, est restée intacte.
Aujourd’hui, elle fait partie d’un grand projet appelé «Le sentier du couloir biologique de Tapir». Ce couloir s’étend de la réserve forestière nationale de Los Santos à la rivière Savegre, jusqu’à une centaine de kilomètres du parc national du Corcovado. Jaguar, tapir, pécari à lèvres blanches et ara rouge ont disparu de cette région dans les années 1960, mais peuvent encore être aperçus à Corcovado et Los Santos. Peut-être qu’un jour, grâce au couloir biologique, ils reviendront à Hacienda Barú.
Haceinda Barù abrite un lodge et propose des tours que vous pouvez réserver sur place où dans les offices de tourisme.
Vous avez également la possibilité d’arriver sur place et de marcher à travers les différents sentiers juste en payant les frais d’entrée de la réserve. C’est l’option que j’ai prise. Vous comptez une après-midi pour visiter cette réserve à l’abris de l’affluence touristique. Je n’ai croisé que très peu de monde sur le sentier excepté des animaux sauvages. Un vrai plaisir !

Comment aller à la réserve Hacienda Barù ?
Il y a un arrêt de bus juste à l’entrer du parc. Si les horaires de bus ne vous conviennent pas, prenez un taxi depuis Dominical.

Le Alturas Wildlife Sanctuary

L’Alturas Wildlife Sanctuary est un refuge pour animaux sauvages qui se visite en journée et qui accueille des écovolontaires. Les animaux qui arrivent au sanctuaire sont pour la plupart blessés. Parmi les trois grandes causes de blessures, nous retrouvons les accidents liés au trafic routier, les électrocutions sur les fils à haute tension et le braconnage. Sur place, les animaux sont soignés à la clinique par des vétérinaires. Certains animaux sont relâchés dans la jungle et retrouvent leur liberté, alors que d’autres, victimes de blessures trop importantes, restent, à vie, dans l’un des 75 enclos du sanctuaire.
Lire l’article sur Alturas Wildlife Sanctuary

Les projets de conservation des tortues

tortue
Une tortue plage de Matapalo.

Le Costa Rica est connu pour ses plages de ponte de tortues. Sur les plages du Pacifique Sud, quatre espèces de tortues marines peuvent potentiellement être vues à différents moments de l’année:
La tortue Olive Ridley (Lepidochelys olivacea de), 
La tortue verte (Chelonia mydas), 
La tortue luth (Dermochelys coriacea) 
La torte imbriquée (Eretmochelys imbricata). Ces quatre espèces sont en danger d’extinction.
Leur période de nidification s’étend de juillet à décembre, avec un pic les mois de septembre et octobre. Au cours de cette période, il est possible de les observer.
Vous pouvez également apercevoir, le long des plages, des nurseries où des nids de tortues sont gardés 24h/24 par des volontaires.
En effet, pour préserver les oeufs du braconnage et des prédateurs naturels, les nids de tortues sont déplacés et surveillés de façon à augmenter les chances de survie des bébés tortues.
Entre Quepos et le sud d’Uvita, il existe deux endroits où des associations mènent un projet de conservation des tortues

> A Ojochal, à Playa Tortuga, se trouve un centre de recherche et d’éducation créé en 2009 par les membres de la communauté et des scientifiques. Playa Tortuga est principalement une plage de ponte des tortues olivâtres (bien qu’il soit possible que d’autres espèces arrivent de temps en temps). Ce site a officiellement été déclaré plage de nidification en 2014.
Ce centre de recherche accueille des volontaires. Vous pouvez également, en saison, rencontrer les scientifiques sur place et observer les tortues.

> Plage de Matapalo
Le même type de projet existe sur la plage de Matapalo, située à une dizaine de kilomètres au nord de Dominical. Connue des surfeurs, la plage de Matapalo est également un site de nidification. Si vous vous promenez le long de cette plage, vous apercevrez une nurserie où les oeufs sont surveillés 24h/24. En pleine saison, vous pourrez observer les écovolontaires en train de relâcher les bébés tortues.
J’attire toutefois votre attention sur la nécessité de ne pas entraver le travail des volontaires en vous approchant de trop près lorsqu’ils relâchent les tortues. Les premiers jours des bébés tortues sont en effet décisifs pour leur survie. Les photos au flash sont à proscrire ainsi que tout contact.

Uvita : le parc marino Ballena

Marino BallenaParc national Marino Ballena se situe sur la commune de Bahia, à 1 kilomètre d’Uvita. Sur une superficie de 110 hectares terrestres et 5 375 hectares maritimes, ce parc est connu pour recevoir la visite des baleines à bosse au cours de leurs migrations pour la reproduction.
D’août à octobre, les baleines viennent de l’hémisphère sud, et de décembre à avril, de l’hémisphère nord. Des sorties en mer sont organisées pour les observer, mais il est également possible d’en apercevoir depuis la terre en marchant, à marée basse, le long d’une lagune de sable qui, vue du ciel, a la forme d’une queue de baleine.
A la sortie du parc, vous traverserez le petit village de Bahia, avec ses quelques commerces et ses maisons colorées.

Dominical : le paradis des surfeurs

Dominical est un village touristique animé et plutôt coquet. Apprécié pour ses écoles de surf, vous y trouverez quelques cafés branchés bio, mais aussi des cours de yoga et un SPA au bon rapport qualité prix. Au centre de la côte Pacifique, Dominical mérite de s’y poser quelques jours pour explorer la région (Réserve hacienda Barù, Quepos, Parc Manuel Antonio, refuge Alturas Wildlife, plage de Matapalo et réserve Playa de Tortugas).
Dans le centre du village, vous pouvez réserver des visites guidées afin d’explorer les cascades de Nauyaca, la mangrove ou bien le coeur de la jungle à la nuit tombée.
Comment se rendre à Dominical ?
Plusieurs lignes de bus s’arrêtent à Dominical vers Quepos, San José, Sierpe et San Isidro.

Les logements que je recommande

Hostel Cascada Verde
A l’heure où les lodges de luxe se sont installés au sein des dernières enclaves encore préservées de la pollution et de l’urbanisation à tout va, l’auberge Cascada Verde vous permet de vivre une expérience au coeur de la jungle à un prix raisonnable.
Située sur les hauteurs d’Uvita (il est préférable de prendre un taxi pour y aller), cette auberge est une prouesse architecturale, en bois, dotée de parties communes confortables. Son deck de yoga est une plate-forme ouverte sur la jungle. De la chambre au dortoir, plusieurs possibilités de logement s’offrent à vous. Tout près de cet hôtel vous pouvez vous baigner dans les eaux de la Cascada Verde.

Selina Manuel Antonio
Selina est une grande auberge de jeunesse pour routard de luxe un peu fêtard avec plusieurs piscines, des dortoirs avec terrasses, un resto et un espace de co-working.
A deux pas du village Manuel Antonio, en hauteur, il constitue une excellente étape pour visiter le parc, flâner au bord de la plage et profiter de la vie animée de la station balnéaire.

Casa Maria Aeropuerto
Casa maria Aeropuerto sera la dernière ou la première étape de votre voyage au Costa Rica. Comme son nom l’indique, il est tout près de l’aéroport de la capitale San Jose. Sa propriétaire vous réservera un accueil très chaleureux et facilitera votre transfert à l’aéroport.

Laurence Dupont

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