Chiang Mai : discuter avec un moine bouddhiste

Dans les temples de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, vous avez la possibilité de discuter avec un moine bouddhiste, sous un parasol. Une expérience unique grâce à laquelle il est plus facile de saisir la réalité du bouddhisme en Thaïlande.

Avec ses temples, ses boutiques ethniques et ses moines, Chiang Mai a un côté très zen pour un Occidental qui débarque de sa capitale. La beauté des temples bouddhistes, témoins d’une riche histoire et d’une pratique philosophique très vivante, exerce une fascination à laquelle nul ne saurait échapper. Ce sens du beau, la convivialité des habitants et la liberté d’aller et venir dans les temples à condition de respecter un minimum de règles, nous engagent assez facilement à fréquenter ces lieux souvent symbole d’une spiritualité exotique. D’ailleurs, à y regarder de plus près, vous observez de nombreux Occidentaux en train de méditer, dans les temples, voire devant un smoothie à l’avocat bio (véridique).

Me concernant, mon œil a été attiré par un encadré de mon guide de voyage préféré, titré : « Discuter avec un moine bouddhiste ». Nul besoin de rendez-vous ou de protocole, de jeunes moines vous attendent dans la cour du temple, sous un parasol, accoudés à une table de bistrot. C’est aussi simple que d’aller boire un café pour taper la causette. Attirer par cette expérience toute exotique, je me suis donc dirigée vers un jeune moine qui m’a accueillie avec un grand sourire. Ne sachant pas trop quoi lui dire, la conversation s’est tout simplement engagée sur la vie de chacun.

Pour les enfants issus de famille pauvre, devenir moine bouddhiste permet d’accéder à l’instruction.

J’ai finalement trouvé cet échange très riche, non pas tant pour ses conseils en méditation ; nous en avons aujourd’hui plein les librairies dans les rayons développement personnel. Mais plutôt par le caractère unique de cette rencontre. Les moines bouddhistes dont nous avons le témoignage en Europe sont souvent issus de milieu aisés et se sont convertis après une première formation professionnelle souvent de haut niveau.

A Chiang Mai, j’étais dans la réalité quotidienne du bouddhisme en Asie. J’ai eu l’occasion de rencontrer une personne dont rien ne nous rapprochait. Quand je lui ai dit que c’était la deuxième fois que je rentrais dans temple bouddhiste, il a semblé surpris. « Il n’y en a pas à Paris ? « , s’est-il étonné.
Comme de nombreux jeunes moines, mon interlocuteur, âgé de 21 ans, est entré au monastère à 12 ans. Lorsque je lui ai demandé pourquoi, il m’a expliqué qu’il cherchait des réponses, mais surtout qu’il avait suivi le destin de nombreux enfants de familles pauvres. « 50 % des hommes en Thaïlande sont moines pendant quelques années. Pour les enfants des familles pauvres, issus des quartiers populaires, c’est une façon d’avoir une éducation, d’être instruit et de parler anglais », m’a-t-il expliqué. Ses journées se partagent entre l’étude, la méditation et les rencontres avec les touristes pour pratiquer son anglais et partager son expérience du bouddhisme. « J’apprécie vraiment de rencontrer tous ces étrangers, j’en apprends beaucoup sur le monde comme ça ».
S’il peut rompre son contrat et quitter son habit de moine du jour au lendemain, il n’en a, pour l’instant, pas l’intention. « Je suis content, la pratique de la méditation me rend heureux. Méditer, c’est mieux que manger, c’est mieux que le sexe.  »
Heureux de son choix, il est clair que sa vie de la moine lui apporte une ouverture sur le monde qu’il n’aurait peu-être pas eue s’il était resté dans sa famille.

Laurence Dupont

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