Big Five : l’art du traquage

LION

Carnet de route : mission d’écovolontariat en Afrique du Sud (5/10) Traquer un animal sauvage, c’est tout un art ! On peut passer des heures à suivre les traces d’un lion ou d’un rhinocéros sans l’apercevoir, ou, tout d’un coup, voir surgir l’animal sous nos yeux, sans prévenir…
Quelques jours après mon arrivée dans le Makalali, j’ai la chance d’avoir vu les fameux big five. Les éléphants vivent en groupe et sont nombreux, il est assez facile d’en apercevoir. Les buffles, vivent dans un endroits précis et les trouver ne demande aucun savoir faire en traquage. Les trois autres, en revanche, sont des prédateurs que l’homme n’approche pas facilement. Croiser l’un d’eux demande une connaissance approfondie en matière de comportement animalier et une bonne dose de chance.

Dans les pas d’un lion

Les rangers du Makalali sont formés au traquage. Tous sortent de l’école des rangers, une école privée gérée par la réserve.
On peut dire que Mike, directeur du projet de conservation de la réserve est un pro du traquage. Lorsqu’il nous guide dans les pas d’un lion, c’est avec une expérience de plusieurs années et une grande connaissance du terrain. Bien sûr des règles sont respecter, comme marcher en silence, en formant une file indienne. Lorsque nous avons aperçu le lion, il était de l’autre côté de la rive d’une rivière asséchée en train de se relaxer. A plus d’une cinquantaine de mètres, il nous fixait droit dans les yeux.
Si l’on en croit Mike, le lion ne cherchera pas à tuer l’homme. En revanche, il faudra être très prudent face à une lionne.
Ce n’est pas le cas du léopard avec lequel des accidents sont déjà arrivés. C’est extrêmement rare, mais un léopard peut tuer un être humain.

Scène de chasse

Le léopard que j’ai aperçu était en pleine chasse. De loin, il avait observé sa proie un long moment, un impala, avant de passer à l’action. Immobile, l’impala était comme paralysé à plusieurs mètres de son prédateur, comme s’il avait senti que son sort était déjà scellé. Le temps que nous trouvions un meilleurs endroit pour observer le léopard, l’impala gisait à même le sol. Les scènes comme celle-ci font partie du quotidien au sein de la réserve. Étudier les animaux sauvages, s’est aussi comprendre la chaîne alimentaire, la façon dont les prédateurs chassent et à quel rythme. Nous ne sommes certes plus habitués à ces tableaux de chasse, bercés sans doute par une imagerie bucolique de la savane.
Le cinquième big five est le rhinocéros. Pour être honnête, je n’ai pas encore rencontré le bon pour prétendre avoir vu les cinq animaux sauvages les plus redoutés du monde. Il existe en effet deux espèces de rhinocéros, le blanc et le noir. Le noir a deux cornes et est plus petit que le blanc, qui fait partie des big five.

Le rhinocéros noir

J’ai aperçu le rhinocéros noir juste à la fin du dernier game drive de la journée, après la nuit tombée. Le soleil se couche aux alentours de 18 heures dans le Makalali, et nous ne rentrons au camp qu’après 19 heures. La nuit, la savane a une toute autre allure, les bruits sont différents et les hyènes de sortie. Un bon traqueur travaille avec tous ses sens, dont l’ouïe. Il reconnaît une espèce au bruit qu’elle produit lorsqu’elle se déplace.
L’autre soir, au moment de rentrer, nous avons pu voir et entendre deux rhinocéros noirs, à la lueur des phares du 4X4. Sauvage, le rhinocéros noir fuit l’être humain. Pour l’observer un long moment, il faut être sûre qu’il ne nous ai pas repérés, contrairement au lion qui ne semble pas effrayé par notre regard.

Laurence Dupont

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