Australie : la piste du désert et le temps du Rêve (fin)

« Ou voulez-vous dormir cette nuit ?» Demande Simon.
La réponse est unanime : « Somewhere in the Bush ».
Quelque part dans le désert, sous les étoiles, à même le sol sur une simple bâche.

La piste est de plus en plus sableuse, le ravitaillement, eau, essence, glace, se fait à Oodnadatta. C’est ici qu’en 1912 le révérend John Flynn, fondateur du Royal Flying Doctor Service, créa le premier hôpital de l’outback. La Pinkroadhouse est désormais le centre d’attraction du village.  Ses propriétaires sont connus dans l’outback. Devant la porte, un vieil aborigène discute avec nous. Simon lui prête sa guitare et il se met à chanter. Apparemment c’est un rituel entre lui et le vieux monsieur. En partant, Simon précise qu’il sera à nouveau de passage dans trois semaines. Mais surtout n’allez pas croire qu’il est gentil.
-« Je suis Australien ! » rappelle-t-il pour qui l’aurait pas encore compris !

Desert de Simpson
A l’entrée du Desert de Simpson, un simple panneau averti le voyageur imprudent qu’il se trouve dans l’un des endroits les plus reculés de la planète. « Les conditions météorologiques peuvent y être extrêmes ». Le sol, couleur  Terre de Sienne est craquelé, assoiffé par des jours de sécheresse, raviné par de violents orages. Royaume du kangourou roux, des familles entières se déplacent à l’aube et  au crépuscule. La fascination qu’exerce le centre rouge de l’Australie n’a d’égal que la méfiance qu’il génère de par son inhospitalité.
La terre y est brûlante, rêche avec ses maigres taillis accablés de chaleur. Mais aussi bienfaisante avec les Bloodwood, arbres au bois de sang vénérés par les aborigènes pour ses vertus antiseptiques.

Le centre rouge exalte, dépouille, consume

Terre de légende, contrée du Rêve, domaine de la solitude et de l’aventure, le centre rouge exalte, dépouille, consume.
Dixième jour de piste. Le sable pénètre partout dans le véhicule. Nous changeons de place régulièrement, la chaleur est de moins en moins tenable à l’arrière .
La route est encore longue et inconfortable. Simon roule au son du didgeridoo, tout le véhicule vibre,  le désert vibre, nos cœurs vibrent. Toute l’Australie semble m’accompagner vers l’ultime destination du périple, scandée par les gigantesques sauts des kangourous.
Puis, posé sur l’horizon, un dôme… c’est Uluru, le Roc, cet énorme monolithe vieux de 600 millions d’années. Nous avons tous l’impression d’arriver quelque part. Le sourire de Placido fait plaisir à voir, ses yeux brillent, il réalise son rêve.
Le soleil se lève sur Uluru site sacré

Malgré tout l’impact que peut avoir ce roc sacré, Uluru est un site très touristique, nous vivons un retour à la civilisation. Les grands bus climatisés sillonnent les rues, les touristes en sortent avec leur moustiquaire sur la tête. Il n’y a pas une trace de sable rouge du désert sur leurs habits immaculés. Mais ils auront quand même leur photo devant le Roc, au coucher du soleil, avec un verre de champagne à la main. Ils semblent tout droit sortis du « Globalia » de J.C Ruffin, de cette société libre et aseptisée remplie d’aventuriers vivant sous des coupoles de verre, pour des raisons de sécurité.
Lorsque nous faisons le tour d’Uluru l’après-midi,  nous sommes quasiment seuls. Trop chaud… 43 C°. Il faut boire au moins un litre d’eau pas heure.
Quant au sentier qui mène au sommet, il est fermé. Trop dangereux. Et puis même lorsqu’il fait plus frais, les aborigènes ne tiennent pas à ce que les occidentaux l’escalade. C’est un site sacré. Vivant. Voir le coucher du soleil sur le Roc est certes très joli, s’intéresser à la vie d’un peuple qui a vécu là des milliers d’années est un acte plus volontaire. On passe du joli au beau.

Un homme habillé de guenilles

Le soleil se lève sur Uluru. C’est pour moi la fin du voyage. Le lendemain, nous marchons à Kings Canyon et roulons  dans le centre rouge de l’Australie, quand apparaît au loin, sur la piste, une silhouette avec un drôle d’attelage composé de deux chameaux. Simon s’arrête, il semble connaître l’homme qui marche. Un homme habillé de guenilles, avec la peau de la couleur du désert et un visage buriné. Simon prend nos réserves d’eau et les lui donne. Mais bon, n’allez pas croire qu’il sympa il est Australien ! L’homme, un Allemand qui voyage dans l’outback australien depuis 5 ans donne l’eau aux chameaux, il n’en boit pas une goutte. Nous échangeons quelques mots. Il raconte qu’il voyage depuis 13 ans et nous conseille le vélo comme mode de déplacement. Ses yeux brillent. Le jeune Hollandais de l’équipe lui demande où il compte dormir ce soir, et ce qu’il fait depuis si longtemps dans le désert. « Il y a toujours quelque part où aller » répond l’éternel voyageur, et il continue « Tout va bien aujourd’hui les chameaux ont eu de l’eau… Les chameaux sont contents »

Laurence Dupont

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4 Comments

  • Bonjour, je suis désireuse de partir pour aider les animaux. J’ai 40 ans d’expérience dans les chevaux, chiens, chats, lapins, cochon d’Inde, etc…
    Je suis retraitée et je me mets à disposition pour sauver les animaux blessés ou orphelins soit en Afrique, Tanzanie ou toute proposition.
    Je n’ai que peu de moyens et je voudrais que vous me disiez quelles sont mes possibilités.
    Merci de me répondre.

  • Vous voulez dire une structure qui vous mette en relation avec une autre association ?
    Vous pouvez soit entrer directement avec une association que vous avez repéré, ou bien passer par un intermédiaire.
    Tout est explique dans le guide « Le tour du monde de l’écovolontariat »

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