Au coeur du Makalali, les big five

Big five
L'éléphant appartient aux big five.

Carnets de route : mission d’écovolontariat en Afrique du Sud (2/10). Premières impressions de cette mission d’écovolontariat dans le bush Sud Africain. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’immersion est rapide et sans transition, surtout pour moi qui arrive d’un univers parisien plutôt feutré. Après une dizaine d’heures d’avion, quelques heures de bus et un long trajet en 4X4 dans la savane, vous voilà au milieu des animaux sauvages : zèbres, girafes, lions, hyènes, rhinocéros, serpents, scorpions et tout ce qui s’en suit. Lorsque les rangers vous accueillent, les bons réflexes sont à comprendre et à prendre de suite ; inspection des draps avant de dormir, des chaussures avant de les mettre, ne pas s’éloigner du camp sans être accompagné, et surtout, règle d’or, je jamais paniquer face à un animal dangereux et encore moins courir ou crier.
Le principal camp de l’association (1) qui m’accueille (il y a un autre camp sous tente, mais j’y serai la deuxième semaine) est au milieu du bush et composé de trois bâtiments, délimités par un fil électrifié.
Loin de tout, mais encore connectée à internet, une petite équipe vit ici à l’année habituée à accueillir des écovolontaires de tout horizon.

Surveillance des  animaux sauvages en danger

L’association se situe au coeur de la réserve Makalali qui jouxte le célèbre parc national Krüger, connu du monde entier pour ses safaris.
En premier lieu exploitée pour ses mines d’or à la fin du XIXe siècle, elle devient une vaste étendue destinée à l’élevage. L’agriculture n’y a jamais vraiment été développée en raison de la présence des moustiques vecteurs de la malaria. Les éleveurs avaient pour habitude d’y passer l’hiver pour migrer vers des terres moins infestées l’été.
L’élevage a perduré jusque dans les années 90 et l’activité minière a connu son apogée entre 1950 et 1980. La réserve compte aujourd’hui 27 mines abandonnées.

Les terres de Makalali ont été vendues dans les années 90, un tournant qui signe la transformation de Makalali en réserve.
Les différents propriétaires tentent en effet de redonner un aspect originel à la savane, et s’associent pour la transformer en aire de protection. En 2004, Makalali devient une réserve de 25 000 hectares.
Dès 1996, les propriétaires ont réintroduit des espèces venant du parc national Krüger, à commencer par un groupe d’éléphants. La politique de réintroduction d’animaux sauvages n’a ensuite cessé de se développer par la réintroduction de hyènes, d’hippopotames, de lions, de rhinocéros et de panthères. Le rêve des big five était né. Il fut achevé par l’introduction du buffle en 2008. Les big five sont les cinq animaux les plus durs à chasser : l’éléphant, le buffle, le lion, le rhinocéros et le léopard.
En 2014, Makalali fut officiellement classée Réserve Naturelle.

Les données collectées servent à la recherche

L’association qui accueille des volontaires été créée en 2004, dans le but d’assurer la surveillance et l’étude des espèces réintroduites.
Elle s’est très vite appuyée sur l’écovolontariat pour la collecte des données. Ces données sont ensuite rassemblées et utilisées par des chercheurs. L’association veut ainsi mettre en place un modèle de collecte propre aux réserves privées et montrer qu’une économie locale durable puisse se développer et servir d’exemple. L’économie générée par ce tourisme vert sert à financer des projets communautaires dans la région.

(1) Je tais volontairement le nom de l’association car elle ne prend pas de volontaires directement. Si vous êtes intéressés, adressez-vous à VolonTerre Africa.

Lire les autres articles du blog de voyage de la mission en Afrique du Sud au coeur des animaux sauvages.

Vie quotidienne des écovolontaires dans le Limpopo en Afrique du Sud

Makalali : 25 000 hectares à entretenir

Volontariat en Afrique du Sud : la vie au Bush Camp

Big Five : l’art du traquage

 

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