Un écovolontaire crée un jardin en permaculture aux Philippines

Permaculture
Lors de sa mission d’écovolontariat, Sébastien a créé un jardin en permaculture.

Sébastien, écovolontaire pendant cinq mois avec People and the Sea aux Philippines, sur l’île de Malapascua, a créé un jardin en permaculture. Il a ensuite formé des familles à cette méthode qui ouvre la voie à l’autonomie alimentaire ainsi qu’à un rapport harmonieux entre l’homme les plantes et les animaux.

Le travail effectué lors d’une mission d’écovolontariat dépend des besoins de l’association, de la population qui vit sur place, ainsi que des compétences que peu apporter le volontaire. Sébastien, écovolontaire pendant cinq mois au sein de l’association People and the Sea aux Philippines, s’est lancé dans la création d’un jardin en permaculture.

« Au départ, j’accompagnais ma compagne qui partais comme volontaire à People and the Sea, souligne Sébastien. Puis, je me suis dis que je pouvais également me rendre utile. Je suis entré en contact avec l’association, je leur ai expliqué que j’avais fait des études en paysagiste et jardinerie et là, Axelle (fondatrice de People and the Sea) m’a parlé d’un lopin de terre abandonné qu’on pourrait transformer en jardin. »
Très vite, Sébastien a pensé à la permaculture. La permaculture conçoit des systèmes en s’inspirant de l’écologie naturelle. Cette méthode n’utilise pas de pesticides et demande une grande connaissance des plantes et des interactions entre elles. Située à l’opposée de l’agriculture intensive, elle joue avec la complémentarité des espèces et crée un écosystème où l’homme, les animaux et la nature sont en symbiose. La mise en place d’un jardin en permaculture demande beaucoup de travail, mais lorsque sa conception a été bien pensée, elle donne un rendement très intéressant.Les créateurs de cette méthode y voit une possibilité d’accéder à l’autonomie alimentaire, tout en respectant la biodiversité et surtout sans appauvrir les sols. « Si j’avais déjà une base, avec mes études en paysage et jardinerie, il a fallu que je me forme à la permaculture. J’ai fait cela en autodidacte, en lisant plein de bouquins avant de partir et en visionnant des vidéos. J’ai également visité des fermes en permaculture. »

Un sol sableux et contaminé

Ensuite, sur place, Sébastien a dû apprendre les spécificité locales ; Quelles plantes cultivées ? Avec quel climat ? Quels sont les insectes qui naturellement vivent à Malapascua ?  Malapascua est un île appartenant aux Philippines. Son sol est essentiellement constitué de sable. De plus, la parcelle sur laquelle Sébastien a travaillé, large de 350 m2, était devenue au fil des ans une décharge.  Même si des écovolontaires avaient déjà nettoyé la terre, quand Sébastien est arrivé sur place, il avait du pain sur la planche !  Il fallait permettre au sol de se décontaminer. Pour cela, non seulement il a fallu enlever les déchets enterrés, mais également planter des graminées  capables de décontaminer des eaux. « Conseillé par Ray (un fermier philippins en permaculture),  j’ai choisis le Vetivert, une plante qui a des racines profondes. Mais le processus de décontamination est long, cela peut prendre plusieurs années afin de retrouver un sol complètement sain », souligne Sébastien.

Construire une clôture vivante

La première étape a été cependant de refaire la clôture. « Le jardin était entouré d’un vieux filet de pêche que Nous avons, avec Elvira (la green manager de People and the Sea), restauré et complété avec un nouveau, Continue Sébastien. Puis, tout le long, nous avons planté un arbre local, le Malongai appelé aussi Never Dead. Il suffit de planter une branche de cette espèce et nous avons un arbre. Nous avons creusé sur 35 cm, par 35 degrés, et construit la clôture avec cette arbre. » L’avantage de cette clôture naturelle et qu’elle est solide et vivante. Les feuilles du Malongai sont connues pour soulager en cas de diarrhée et ses racines sont comestibles. « Alors pourquoi mettre des poteaux en plastique ! »

Créer un écosystème comestible

La deuxième étape a consisté à concevoir un plan. Créer un jardin en permaculture demande du travail en amont afin de trouver un juste équilibre entre les différentes composantes du jardin et recréer un écosystème vivant et comestible. « Par exemple, j’ai choisi un massif de fleurs qui attirent les insectes, une plante qui fait fuir les moustiques, une pyramide en bambou  pour faire de la culture en hauteur, une cabane pour que les jardiniers puissent se mettre à l’abris du soleil ou de la pluie, un système de récupération d’eau…  Et pour fertiliser le sol sableux, j’ai ramassé des feuilles tous les jours pour le paillage et j’ai mise du compost. »People and the Sea incite les familles à concevoir leur propre compost. Lorsqu’il est de bonne qualité, elle leur achète pour les revendre aux Resorts de l’île qui est très touristique. « Nous avons mené également un travail de formation auprès des familles pour qu’elles apprennent à faire du compost. Je passais de foyer en foyer pour leur donner un savoir-faire car dans un compost, il faut les bonnes bactéries, la bonne humidité…»Ce sont des connaissances que les familles ont perdu au fil des générations.

Quinze jardins en permaculture créés : la graine est plantée

 Aujourd’hui, le jardin se compose d’un cocotier, de trois bananiers et de plantes consommables comme la tomate, les épinards, les radis, la coriande, l’origan, les aubergines…Avant de partir, Sébastien a pris le temps avec Elvira  et Estelle (ecovolontaire) de former des familles à la permaculture pour qu’à leur tour, elles puissent tendre vers l’auto alimentation. Toutefois, avant que les familles acceptent d’être formées Sébastien a dû leur prouver qu’une telle méthode portait ses fruits.  A ce jour, quinze jardins en permaculture ont été créés, ainsi qu’un hôtel à insectes.

« La graine a été plantée poursuit Sébastien, j’espère que le projet de jardins en permaculture va se poursuivre. A ce titre, ce serait bien qu’il y ait d’autres écovolontaires, pour mettre en place notamment les rotations de culture. »

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