Vacances utiles : une dérive vers nouveau business ?

ÉDITO : Face à l’engouement pour les vacances utiles, une nouvelle offre est apparue pour répondre au besoin de plus en fort de donner du sens à son voyage. C’est ainsi qu’est né le concept de voyage humanitaire. Si j’aborde le sujet aujourd’hui, c’est parce qu’un internaute a attiré mon attention sur une article paru dans le journal canadien La Presse, intitulée «Le business du Volontourisme ».

Dans cet article, la journaliste s’est enrôlée dans une mission humanitaire au Cambodge, par l’intermédiaire de Project Abroad, sans révéler sa fonction. Ce qu’elle décrit, lors de sa mission dans un orphelinat,  ressemble à une industrie où l’on vend à des jeunes Occidentaux, la possibilité de faire le bien sans qu’il n’y ai de réel projet derrière. Pire, le défilé des volontaires envoyés auprès d’enfants handicapés, sans la moindre qualification, amplifierai le sentiment d’abandon de ces orphelins.
La journaliste site Nicolas Bergeron, président de Médecins du Monde pour qui il « est épouvantable d’envoyer des gens non qualifiés travailler auprès de ces enfants malades. On n’a pas le droit de leur faire ça, de ne pas leur expliquer ce qu’est un enfant avec un retard mental, de les laisser complètement démunis ».

Comment, donc, concilier notre besoin d’être utile lorsque nous partons en voyage tout en respectant une éthique  et ne pas tomber, malgré nous,  dans l’exploitation Nord Sud, alors que notre volonté était tout autre ?

Déjà, avant de s’enrôler dans une mission, il est important de réellement se poser la question du bien fondé de notre démarche. Dans le cas d’une mission humanitaire, nous ne sommes plus dans le cadre du tourisme utile, mais bel et bien dans une action d’aide au développement, où il est important de savoir si notre action, sur place, sera bénéfique. Pour cela, il est conseillé de se renseigner de près sur le projet sur place et sur les compétences nécessaires à avoir.

Peut-être qu’il faut privilégier les petites structures aux gros organismes. Aujourd’hui, internet permet d’entrer en contact avec de petites structures partout dans le monde ainsi qu’en France. Bien souvent, à l’origine de ses petites associations/structures, vous trouvez des passionnés qui oeuvrent sur place depuis des années et dont le travail est reconnu par la population locale.
De plus, vous avez la certitude que votre argent sera utilisé, sur place,  pour le développement du projet et non à payer des cadres sup installés à Londres ou à New York.

Enfin, pour ce qui est de l’éco-volontariat, la problématique est différente du Volontourisme. L’écovolontariat n’est pas de l’humanitaire. Vous ne remplacerez jamais les professionnels de l’humanitaire dans l’écovolontariat, même si les missions ont des retombées bénéfiques pour la population locale. Dans l’écovolontariat, vous participez à des projets environnementaux, de protection d’espèces en danger. S’il existe de nombreux projets dans les pays du Sud, la relation d’aide Nord Sud n’est pas le pilier de l’écovolontariat dans la mesure où les missions se déroulent un peu partout dans le monde : Afrique, Australie, France…

Certes, cela ne vous empêche pas d’avoir de mauvaises surprises une fois sur place, à savoir, une mission où l’environnement n’est pas respecté, où l’écovolontaire ne trouve pas sa place, où le projet scientifique  ne tient pas la route…
Pour vous aider à trouver la bonne mission sachez qu’il existe une charte de l’écovolontariat.

Alors les vacances utiles, un business ? Malheureusement, ce peut être le cas aujourd’hui. Mais rassurez-vous, il ne faut pas faire cet article, très intéressant, une généralité.  Il est possible d’éviter les pièges en regardant  tout simplement où l’on met les pieds !

Pour plus d’info sur comment choisir sa mission, lisez le Guide de l’écovolontariat

Laurence Dupont

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