Petit guide du voyageur responsable

Comment le voyageur responsable et solidaire se fond dans le pays qu’il traverse.

Lorsque la fondation GoodPlanet réunit blogueurs, voyageurs et responsables du tourisme solidaire, les discussions sur l’impact écologique des voyeurs sont au centre des débats.

Le tourisme de masse non maîtrisé peut s’avérer être un fléau pour l’équilibre écologique de la Terre. Or, d’année en année, le nombre de voyageurs ne cesse de croitre. De 1,3 milliard de touristes aujourd’hui, nous pourrions atteindre les 2 milliards en 2030. Or,

> Certains des plus beaux sites naturels de la planète, victimes de leur succès, voient leur biodiversité mourir en raison d’une trop grande fréquentation. La plage de Maya Bay en Thaïlande en est un excellent exemple.

> Le comportement des touristes envers la faune sauvage, encouragés par des tours opérateurs, normalise la maltraitance animale.

> Les transports contribuent à l’augmentation des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Actuellement, les scientifiques estiment que 8% des émissions de gaz à effet de serre sont produites par l’industrie du tourisme.

Alors, comment concilier désir d’évasion et équilibre écologique ?
La blogueuse Little Gipsy, Tony Crocetta, photographe animalier, Guillaume Cromer, président d’Acteur du Tourisme Durable, Arthur Courtinat, Maison du voyage, Hanaë de l’association Zéro Waste Paris, Matthieu Jousset de la Fondation Good Planet et Pierre et Marika les escapadeurs sans voiture, nous éclairent.

1. Tourisme et protection animale : l’équation impossible ?

D’ici 2050, 38 à 46 % des espèces animales pourraient disparaitre. Bien sûr le tourisme est loin d’être le seul responsable de cette extinction. Toutefois, les voyageurs que nous sommes adoptent parfois des comportements qui favorisent la destructions des milieux et la maltraitance animale. Souvent, ces attitudes sont le fruit d’une mauvaise information avant le départ.
– Peut-être êtes vous déjà monter à dos d’éléphant ? Pour vous, c’était comme un cheval ? Sauf qu’un dos d’éléphant ne supporte pas le poids des nacelles. De plus, les pachydermes ont été battus pour être dressés.
Une promenade en calèche tirée par des chevaux ne pose à priori aucun problème. Sauf que le trajet doit se faire sur un chemin de terre et non sur la route. Les impacts à répétition sur le béton tuent les articulations des chevaux.
Prendre un selfie avec un singe, c’est tentant ? Sauf que l’animal aura été arraché à sa famille, enfermé et parfois drogué.

Faut-il pour autant interdire toute forme de tourisme envers les animaux sauvages ?

Les activités qui gravitent autour des animaux pèsent d’un point de vue économique. Les supprimer augmenterait le braconnage sur les espèces en danger comme l’éléphant ou le rhinocéros. En ce sens, convaincre les acteurs du tourisme qu’un animal vivant peut rapporter plus qu’un animal mort, reste primordial.
« Au Kenya, quand il n’y a plus de touristes, le braconnage repart et toute une économie parallèle se développe », explique Tony Crocetta.

« Le jour où les îles Féroé seront connues pour observer des globicéphales, ce sera gagné » indique Morgane connue sous le nom de Little Gipsy.
Les îles Féroé sont effectivement connues pour perpétrer une tradition, chaque année, visant à massacrer des centaines de dauphins

La deuxième étape est de démontrer comment développer une activité autour d’un animal sauvage tout en le respectant.
L’initiative de Lek Chailert en Asie, fondatrice d’Elephant Nature Park est exemplaire. Depuis plus de vingt ans, son travail consiste à convaincre les dresseurs d’éléphants de ne plus pratiquer de treck à dos d’éléphant, mais de créer des sanctuaires ouverts aux voyageurs où les pachydermes sont bien-traités.

Passionnée par le monde des cétacés et en particulier les orques, Morgane prône une attitude modérée concernant le whale watching (les sorties en mer pour observer les baleines).
« Je ne suis par contre le whale watching, mais pas n’importe comment. Aux grosses vedettes à moteur, je préfère choisir le Zodiac ou le kayac. »

Le photographe Tony Crocetta qui propose également des safaris photos aux voyageurs, met un point d’honneur à éduquer les photographes au respect de la faune sauvage. « Malgré les sollicitations de certains de mes clients, je respecte toujours une certaine distance en l’animal et les photographes ! ».

2. La compensation carbone : une bonne conscience ?

La compensation carbone est un mécanisme qui existe grâce au protocole de Kyoto. Le principe est simple : lorsque vous prenez l’avion, vous payez une somme, appelée compensation carbone. Cette somme contribuera à financer un projet de développement durable.
Pour compenser le CO2, plusieurs organismes existent en France comme les associations CO2 solidaire ou Action Carbone ou les entreprises Climat Mundi ou EcoAct.
La compensation carbone a ses limites. Si les projets soutenus ne participent pas à diminuer les gaz à effet de serre, il s’agit de greenwashing.
Il est indiqué de pratiquer la compensation carbone en dernier recours, après avoir essayé de se déplacer avec des moyens de transport pus écologiques.

3. La valise zéro déchets

La première règle du voyageur responsable est avant tout de limiter ses déchets dans le pays d’accueil. A savoir, éviter de multiplier les contenants dans votre sac-à-dos. Nous avons tendance à utiliser de petites quantités de produits dans des contenants à usage unique afin d’alléger les bagages. Plus d’informations sur la valise zero déchets avec Hanaë de l’association zero waste.

Le voyage solidaire, quésaco ?

« I have a dream Africa » par deux voyageurs faiseurs de rêve