Animaux sauvages : vers la sixième extinction

L’engouement pour les missions d’écovolontariat pour la protection des animaux sauvages ne dément pas. Vous êtes nombreux à vouloir vous engager auprès des éléphants d’Asie, des Orangs Outans de Bornéo ou des lions blancs d’Afrique. A y regarder de près, c’est peut-être parce que chacun de nous ressent qu’il y a urgence. Une étude publiée en juillet 2017 montre que nous nous avançons vers la sixième extinction.

Dans une étude publiée le 10 juillet 2017 dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs alertent sur l’inquiétante disparition d’espèces animales et végétales.
Geraldo Ceballos, de l’université nationale autonome du Mexique, Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo, de l’université de Stanford aux Etats-Unis, évoquent une « défaunation catastrophique » pour les différents écosystèmes de la planète, et expliquent qu’on ne prête pas assez attention à ces signes d’un « prélude d’une extinction globale des animaux ».

Les scientifiques ont mené une approche différente de celle, plus classique, de l’extinction des espèces. Ils ne se sont pas intéressés uniquement aux espèces qui s’éteignent, mais à la moitié des animaux sauvages qui peuplent la Terre. Or, il se trouve, selon les scientifiques, que les espèces d’animaux les plus connus voient leurs effectifs dramatiquement diminuer, sans pour autant qu’ils soient classés «Animaux sauvages en voie d’extinction ». Pourtant, cette diminution massive des populations est le prélude aux extinctions massives.

Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzo concluent à une érosion générale de la biodiversité et des animaux sauvages.
> 32 % des espèces de vertébrés voient leur population diminuer.
> 40 % des mammifères ont vu leur habitat diminuer de 80 % en 1900 et 2015.
> 43 % des lions ont disparu depuis 1993.
> En 2016, la Terre ne comptait que 7 000 guépards et 35 000 lions africains.
> Les orangs-outans de Bornéo ont diminué de 25 % ces dix dernières années.
Au total, plus de 50 % des animaux sauvages ont disparu depuis quarante ans.

Selon les chercheurs, cette « sixième extinction » est liée aux activités humaines : habitats naturels détruits, augmentation de la population, pollution, consommation non contrôlée…

De son côté, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), continue de tenir à jour sa liste rouge sur l’état de la biodiversité animale.
La liste rouge de l’UICN constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation global des espèces.
Dans la dernière édition de la Liste rouge mondiale (version 2017.1), sur les 86313 espèces étudiées, 24431 sont classées menacées.

Parmi ces espèces, 42% des amphibiens, 13% des oiseaux et 25% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour 31% des requins et raies, 33% des coraux constructeurs de récifs et 34% des conifères.

Dans cet état des lieux, la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées : au total, 1147 espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire, en métropole et en outre-mer.
Avec le système de la Liste rouge de l’UICN, chaque espèce ou sous-espèce peut être classée dans l’une des neuf catégories suivantes : Eteinte (EX), Eteinte à l’état sauvage (EW), En danger critique (CR), En danger (EN), Vulnérable (VU), Quasi menacée (NT), Préoccupation mineure (LC), Données insuffisantes (DD), Non évaluée (NE).

Cette extinction massive va avoir de nombreuses conséquences écologiques, économiques mais également sociales.
Face à l’urgence de la situation, les chercheurs donnent deux ou trois décennies pour enrayer la tendance. Au risque de déstabiliser l’ensemble de la planète. «L’érosion des espèces entraîne de graves conséquences en cascade sur l’ensemble des écosystèmes, ainsi que des impacts économiques et sociaux pour l’humain», rappelle Gerardo Ceballos dans un communiqué.

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