La France vient de prendre position, mercredi 3 février 2010, sur l’inscription du thon rouge à l’annexe I de la Cites.
« La position française est de soutenir la proposition de Monaco d’inscription à l’annexe I de la Cites, la France souhaitant par ailleurs que l’application soit (différée) de 18 mois », a déclaré le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo.
Cette annonce était très attendue, car elle sera déterminante dans la décision de l’Union européenne. En septembre dernier, l’opposition de plusieurs pays de pêche, dont la France (l’un des principaux pêcheurs avec l’Italie et l’Espagne), avait empêché l’Europe de se prononcer en faveur de la proposition de Monaco. Or, l’Europe représentera 27 voix sur 175 (censées voter de la même façon) à la Conférence des parties de la Cites qui se déroulera à Doha en mars.
Le classement du thon rouge annexe I de la Cites revient à interdire sa commercialisation internationale. Le commerce du thon rouge concerne essentiellement les exportations de la Méditerranée et de l’Atlantique vers le Japon, pour les sushis notamment, et y atteint des prix astronomiques.
Sur le délais de 18 mois demandé par la France, l’association Greenpeace réagit : « On nous dit en substance : sauvons l’espèce, mais pas tout de suite !, estime François Chartier, chargé de campagne Océans. Le délai demandé pour mettre en oeuvre l’interdiction du commerce international est absurde : cela revient à passer à l’action après la bataille pour la survie du thon rouge ! ». Et de continuer : « Un délai de 18 mois permet deux saisons de pêche aux termes desquelles il n’y aura plus de thon rouge.Le gouvernement achète ainsi la paix sociale avec les pêcheurs, dans une période d’élections régionales. »
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