La fonte des glaciers en Alaska surestimée

Le CNRS a annoncé dans un communiqué de presse, lundi 18 janvier 2010, que le recul des glaciers en Alaska avait été surestimé. Même s’il reste important.
Des glaciologues du laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS) (CNRS/CNES/IRD/Université Toulouse 3) et leurs collègues canadiens remettent en cause des résultats publiés en 2002 sur la fonte des glaciers. Cette hypothèse est tirée d’images satellites qui ont permis aux scientifiques de cartographier l’amincissement de ces glaciers.

En Alaska et au nord du Canada, où les glaciers occupent 90 000 km2, les pertes sont très importantes. Mais les résultats des chercheurs, publiés le 17 janvier 2010, estiment quelles contribuent à l’augmentation du niveau des océans à hauteur de 0.12 mm/an pour la période 1962-2006, et non à hauteur de 0,17 mm/an, comme précédemment avancé par l’équipe du Geophysical institute de l’Université d’Alaska (Fairbanks).

Ce décalage est lié à une méthode de travail pour mesurer l’épaisseur de la glace différente. L’équipe franco-canadienne a comparé des topographies récentes, déduites des images des satellites Spot 5-HRS (projet SPIRIT(2) financé par le CNES) et ASTER (projet GLIMS/NASA), avec les cartes des années 1950-60. Ils ont pu ainsi mesurer les pertes des trois quarts des glaciers d’Alaska.

L’équipe du Geophysical institute de l’Université d’Alaska avaient mesuré, en 1995 puis en 2001, l’altitude de la surface de 67 glaciers avec un laser aéroporté le long de profils longitudinaux. Ils l’avaient ensuite comparée à celle cartographiée dans les années 1950-60. Les chercheurs en avaient ainsi déduit leurs variations d’épaisseur avant de les extrapoler aux autres glaciers.

Cette nouvelle étude (franco canadienne) confirme que l’amincissement des glaciers d’Alaska est très hétérogène. Grâce à leur couverture régionale, les données satellitaires permettent une meilleure observation de la réponse glaciaire aux changements climatiques et de préciser leur contribution à la hausse du niveau marin.

Les pertes des glaciers d’Alaska depuis 1962 sont certes plus faibles que ce que l’on pensait. Mais l’amincissement (parfois plus de 10 m/an comme pour le glacier Columbia) et le recul de ces glaciers demeurent importants. De plus, l’accélération spectaculaire des pertes de masse depuis les années 1990, correspondant à une contribution de 0.25 mm/an à la hausse du niveau marin, n’est pas remise en cause et s’avère un signe inquiétant pour la hausse future du niveau marin.


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